Un Grand Prix d'Autriche qui nous a offert de sacrés retournements de situation par rapport à la course précédente. Voici la nalyse foutraque tant attendu par....5 lecteurs.
Max Verstappen
Verstappen a peut-être échoué à 1,6 seconde de la victoire au final, mais c'était le dimanche le plus compétitif de la saison pour lui et Red Bull jusqu'à présent. Max a dû regarder Mercedes et Ferrari apporter de grosses améliorations qui les éloignaient de Red Bull, mais en Autriche, c'était enfin au tour de Verstappen d'être boosté par un énorme package de développement. Reste à savoir si la RB22 peut être aussi musclée sur tous les circuits, mais la Red Bull s'est clairement rapprochée. Et ça donne à l'équipe un atout séduction majeur dans sa lutte pour garder Verstappen à bord.
George Russell
Il manque toujours à Russell cette victoire dominatrice sous "contrôle total" qui ferait basculer psychologiquement la dynamique de l'année. Ce week-end n'était pas vraiment ça : ses qualifs (même en mettant de côté l'histoire des drapeaux jaunes) étaient en mode "chantier en cours" jusqu'au tout dernier run, et sa victoire a semblé sérieusement menacée dans la deuxième partie de la course. Mais c'était aussi plus confortable que les 1,99 seconde couvrant le top 3 ne le laissent penser. Au final, il n'aura absolument aucun regret en repartant avec un écart de 10 points en sa faveur sur son jeune loup de coéquipier, juste après une bascule de 18 points. Russell – qui a d'ailleurs sauté par-dessus Lewis Hamilton pour prendre la 2ème place du classement – donne toujours l'impression de reconstruire sa saison pas à pas, mais il s'achète du temps au passage et reprend son destin en main.
Oscar Piastri
Piastri avait admis qu'il avait beaucoup de "devoirs à faire" après un GP de Barcelone compliqué où il avait fini à 35 grosses secondes de son coéquipier Norris. Mais en Autriche, c'était au tour de Piastri de coller une bonne vieille claque en interne avec une course hyper solide pour décrocher la 4ème place. McLaren n'avait clairement pas le rythme pour suivre la Red Bull de Verstappen ou le duo Mercedes, donc Piastri a fait un super boulot en se payant une Red Bull, les deux Ferrari et Norris (avec la manière, s'il vous plaît).
Racing Bulls
C'était la performance "zéro défaut" par excellence. Racing Bulls a refait son coup du "meilleur des autres" des qualifs pendant la course, et n'a jamais été inquiétée par la concurrence (l'écart de 11 secondes entre Arvid Lindblad et l'Audi de Gabriel Bortoleto, 11ème, en est la preuve). En vérité, une fois que Liam Lawson a arrêté de crier à la radio que sa voiture était en feu, le seul moment notable a été la décision de l'équipe de faire un undercut pour que Lawson repasse devant Lindblad lors des derniers arrêts. (Puis de leur ordonner de geler les positions, chut). Donc, par cette journée caniculaire, le seul vrai bémol est que les risques de casse mécanique des autres ne se sont pas matérialisés, privant l'équipe de points supplémentaires pour une course aussi bien gérée.
Kimi Antonelli
S'il n'était pas indiscutablement le pilote le plus rapide du week-end, il était au moins dans la discussion. Donc, se contenter de la troisième place, ça pique un peu. Antonelli a l'air bien conscient qu'il y avait moyen de gagner ce Grand Prix, comme le prouve sa réaction post-course en mode auto-flagellation : il a parlé d'erreurs causées par un certain inconfort avec les freins dans le premier tour et au début du premier relais. S'il s'était retrouvé au moins 3ème plutôt que 5ème après cette séquence d'ouverture, le tapis rouge de la victoire se serait déroulé devant lui. Mais ce ne fut pas le cas, et le temps perdu a suffi à le condamner à une course-poursuite désespérée dans les derniers mètres. M'enfin... il a toujours 40 points d'avance et ne manque pas de rythme. On a connu des journées pires !
Ferrari
« Ils n'avaient pas du tout la même tête qu'à Barcelone », a résumé Toto Wolff (le boss de Mercedes) en parlant de Ferrari, et on a du mal à lui donner tort. On ne s'attendait pas à ce que Ferrari refasse son coup de génie stratégique de Barcelone, mais personne ne s'attendait à ce qu'ils soient aussi largués, avec le leader rouge Hamilton à 26,3 secondes du vainqueur Russell. Et ce, malgré la grosse mise à jour moteur amenée en Autriche ! Ses grands débuts ont fait pschitt, tuant net l'élan de leur victoire catalane. Quant à Charles Leclerc, il avait l'air particulièrement à côté de ses pompes, terminant 19 secondes derrière Hamilton, et cette fois sans l'excuse des problèmes de freins évidents qui avaient plombé ses cauchemars de Montréal et Monaco.
Lando Norris
Norris oscillait quelque part entre la perplexité et le désintérêt total dans sa réaction à chaud après cette septième place en Autriche, où il s'est fait voler la vedette par son coéquipier Oscar Piastri. L'écart de presque 10 secondes entre les deux McLaren n'a rien à voir avec la fessée de 35 secondes que Norris avait infligée à Piastri à Barcelone, mais c'était suffisant pour que deux voitures (la Ferrari d'Hamilton et la Red Bull d'Isack Hadjar) viennent s'y intercaler. Et vu comment le défi de Ferrari s'est dégonflé et le déficit général d'Hadjar sur Verstappen, on pourrait se dire que ces places étaient récupérables. Norris, pour ce que ça vaut, a eu l'impression de perdre sa course dans les stands quand McLaren a dû arrêter Piastri en premier pour couvrir Hadjar, mais il a accepté que c'est le jeu ma pauvre Lucette... et qu'il n'y avait « pas grand-chose d'autre à redire ». Donc, ce n'est pas une défaite de l'ampleur que laisse supposer l'écart de position entre les McLaren, mais le ton était des plus blasés à l'arrivée.
Cadillac
L'ampleur des pépins techniques de Cadillac le vendredi, qui ont ensuite débordé sur le samedi matin pour la voiture de Valtteri Bottas, indiquait qu'un double abandon n'allait pas être la surprise du siècle. Mais quand même, ne pas réussir à faire faire plus de cinq tours à aucune des deux voitures avant que des freins en surchauffe ne viennent tout gâcher... c'est ce qu'on appelle une prestation bien humiliante.
Le reste du milieu de grille
L'excellente fiabilité du "Big Four" et l'exécution millimétrée des Racing Bulls ont rendu les points tout bonnement impossibles pour le reste du milieu de grille. Et ce, peu importe les retournements de stratégies ou la façon dont ils ont essayé d'exploiter les voitures de sécurité virtuelles (VSC) pour faire leurs arrêts.
L'Alpine, qui s'était réveillée le dimanche à Barcelone, a obstinément refusé de faire pareil ici et a eu l'air de ne tirer presque aucun bénéfice de son nouvel aileron avant. L'Audi était OK, mais juste dépassée. Haas n'avait tout simplement pas la voiture ce week-end, point barre.
Quant à Williams, on les considère comme membres honoraires du milieu de grille grâce à leurs points au championnat constructeurs, mais la FW48 n'est une vraie voiture de milieu de peloton que quand ça lui chante. Sous-développée, bourrée de traînée et toujours trop grosse, sa seule véritable contribution ce week-end a été de déclencher les VSC (merci Carlos Sainz pour la panne en pleine ligne droite des stands, et bravo Alex Albon pour l'attentat sur la quille du virage 3).
"l'Empire d'Essence" de J. Klaxon aux Editions Catbert