Speedster 2.2 16V
Le joujou extra ! Par Daniel Allignol
Le : 03/04/02
Même chez les constructeurs réputés les plus sérieux, les bureaux d’étude ont parfois le droit de « péter les plombs ». Libérés alors des standards imposés par le marché, ils nous concoctent des engins futiles, voire même inutiles aux yeux des automobilistes les plus cartésiens, passionnants, fun, excitants, enthousiasmants pour ceux qui adorent conduire. L’Opel Speedster est de ceux-là !
L’Opel Speedster est sans aucun doute l’une des voitures « de série » qui procure les sensations les plus proches de celles que peut offrir une petite monoplace de compétition.
Tout commence au moment de «descendre» à bord. Comme dans une monoplace, il faut avant tout faire preuve de souplesse pour se glisser aux commandes. Et ce n’est qu’après quelques contorsions – l’exercice est encore plus compliqué quand la capote est en place – que vous pourrez enfin vous laissez glisser dans l’étroit baquet au dossier très incliné. Face à vous, un minuscule volant Momo d’un diamètre de 320 mm (il contient pourtant un grand airbag) et, derrière, un bloc compteur dont la facture est tout juste digne d’une vieille «mob». Le reste de l’habitacle, résolument high-tech avec sa structure en aluminium apparente, fait heureusement beaucoup plus sérieux.
Ambiance course garantie
Le petit volant et sa jante en cuir idéalement épaisse n’est pas le seul élément qui fasse «course» à l’intérieur du cockpit du roadster d’Opel. Le pédalier allégé est en aluminium de même que le pommeau du levier de vitesses, le levier du frein à main, les très jolies manivelles des vitres et le repose-pieds passager. Hormis le pédalier alu monté de série, ces accessoires font parti d’un Pack Aluminium facturé 1.500 F seulement... et donc indispensable !
Trouver une bonne position de conduite prend un minimum de temps pour la bonne raison que seul le siège du «pilote» est réglable... et en longueur seulement. Je ne sais pas si la position de conduite a été spécialement étudiée pour les conducteurs mesurant pile poil 1,852 m, mais je me sens immédiatement à l’aise, avec un volant à distance idéale et un pommeau de levier de vitesses tombant naturellement sous la main. Conçus, comme tout le reste de la voiture, pour être le plus léger possible, les deux sièges baquets sont en composite et ne comportent aucun réglage d’inclinaison du dossier. Ils offrent en revanche de généreux renforts latéraux indispensables pour résister aux accélérations latérales et se révéleront plutôt confortables en dépit d’un rembourrage minimaliste.
Mis à part un emplacement destiné à accueillir un téléphone portable (un petit !) inutile de chercher le moindre rangement à bord. Heureusement, un coffre a été aménagé derrière le moteur et sa contenance de 206 litres est suffisante pour envisager de partir en week-end à deux.
Frime absolue en ville...
La clé de contact n’a de contact que le nom puisqu’elle se contente de le couper et de verrouiller la direction. Pour démarrer il faut presser un petit bouton métallique (un autre héritage de la compétition) positionné sur la planche de bord juste au dessus des commandes de chauffage et de ventilation. La sonorité qui émane alors du double échappement est trop discrète et même un peu commune pour évoquer avec justesse le tempérament explosif de notre bolide.
Peu importe ! il n’est pas nécessaire de rouler en échappement libre pour se faire remarquer au volant du Speedster. Conçu sur la base de la Lotus Elise avec laquelle il partage 10% de pièces communes, l’Opel Speedster possède une carrosserie qui bannit délibérément toute allusion au passé. Aux orties le look rétro pourtant si furieusement tendance !
L’utilisation de 25 panneaux distincts réalisés en matériaux plastiques renforcés de fibre de verre a permis aux designers d’Opel de concevoir une carrosserie aux angles impressionnants. A ce propos, les stylistes avouent avoir puisé leur inspiration à diverses sources allant des prototypes des 24 Heures du Mans à l’Opéra de Sydney en passant par l’étrange bombardier furtif «Stealth» ! Le résultat est spectaculaire et de nombreuses «trouvailles» stylistiques comme les deux sorties d’échappement disposées verticalement ou le traitement des feux avant et arrière viennent renforcer un peu plus encore le caractère d’une «voiture passion» qui entend symboliser le dynamisme d’une marque qui bouge (Opel dixit !).
... efficacité diabolique sur la route
La caisse de l’Opel Speedster repose sur une structure réalisée en éléments d’aluminium extrudés fixés ensemble par collage. Cette structure qui ne pèse que 71 kg est complétée à l’arrière par un berceau en acier supportant le moteur et la boîte. Elle comprend aussi un arceau ainsi qu’une «crash box» à l’avant. Brevetée, elle est composée d’une structure légère en matière synthétique destinée à absorber efficacement l’énergie d’un choc frontal.
L’ensemble donne au châssis une rigidité extrême, garante d’un excellent guidage des roues. Inspirés des épures de suspension des voitures de course, les trains avant et arrière bénéficient d’une double triangulation, de ressorts hélicoïdaux et d’amortisseurs à gaz.
Les manœuvres imposées pour sortir du parking nous rappellent que la direction ne reçoit le renfort d’aucune assistance. Pour les concepteurs du Speedster, un tel dispositif aurait été en contradiction avec l’esprit qui a guidé sa réalisation : «Revenir à l’essentiel de l’automobile». A l’arrêt, il faut donc une certaine énergie pour tourner le petit volant mais tout rentre bien vite dans l’ordre dès les premiers tours de roue.
On se dépêche alors de quitter la ville où la moindre Clio prend des allures de gros 4x4. Un petit trajet autoroutier nous permet d’apprécier la stabilité du Speedster. En dépit d’une architecture à moteur central qui favorise l’agilité en virage, rouler en ligne droite à haute vitesse impose fort peu de corrections au volant. Cette stabilité est due autant à la bonne aérodynamique qu’à l’empattement relativement long (2,330 m) de la voiture. On atteint ainsi sans peine 217 km/h, la vitesse maxi du Speedster. A cette allure (hautement répréhensible !!!), l’autoradio CD optionnel ne sert plus à grand chose mais, capote enlevée, on reste fort bien protégé des remous d’air.
Des virages, des virages, encore des virages
Mais vous vous en doutez bien, c’est sur les petites routes bien tortueuses que l’on s’amuse le plus au volant du Speedster.
Commandés par le tout petit levier, les changements de vitesses sont ponctués par les «clongs» métalliques de la tringlerie. Le pédalier fort bien disposé permet de réaliser sans peine les talons-pointes indispensables pour rentrer à la volée un, voire deux rapports avant d’aborder les courbes les plus serrées. L’absence d’assistance permet de disposer d’une direction particulièrement informative. On sait exactement où l’on va placer ses roues et on se régale de sentir la direction durcir lorsqu’il faut forcer la voiture à épouser une courbe qui se referme violemment.
Bien qu’elles réussissent à préserver un semblant de confort, les suspensions sont suffisamment fermes pour contenir toute amorce de roulis. Le Speedster enroule les virages d’un bloc et, sur routes sèches (... et ouvertes à la circulation !) on n’arrive pas à venir à bout de l’adhérence des Bridgestone Potenza dont la gomme a été mise spécialement au point pour lui.
Un moteur (un peu) trop sage
Bref, on se régale mais on en vient vite à regretter le léger manque de tempérament du moteur, un moderne quatre cylindres 2,2 litres 16 soupapes apparu au printemps dernier sur le Coupé Astra . Ce moteur, fort de 147 ch, fait pourtant fort correctement son travail, peut-être trop bien même ! Parfaitement civilisé, il dispose de deux arbres d’équilibrage qui compensent les vibrations inhérentes à tous les moteurs à quatre cylindres et réduisent dans le même temps leurs émissions sonores. Il se révèle aussi très (trop ?) souple, 90% du couple maximum (203 Nm à 4.000 tr/min) étant disponible dès 1.900 tr/min.
Bref, même si ce moteur est capable de vous propulser de 0 à 100 km/h en 5,9 secondes seulement, il semble souvent trop gentil ou, plutôt, pas assez caractériel.
Peu importe ! Les heureux puristes qui pourront s’offrir le Speedster n’auront certainement pas envie d’attaquer constamment comme des furieux au volant de leur précieux petit bolide. Un bolide dont l’exclusivité semble garantie par ses prévisions de production : celle-ci sera limitée à environ 3.000 unités par an, 300 étant réservées au marché français.
On risque donc de se retourner très longtemps sur l’engin de série le plus déjanté et le plus fun jamais construit par Opel.
Daniel Allignol
[BEST OF] Excellents articles sur le speedster 2.2 et 2.0T
Modérateurs : Stew, blacksrookie, senior, Puff92
[BEST OF] Excellents articles sur le speedster 2.2 et 2.0T
Dernière modification par MacGyver le ven. sept. 24, 2004 7:01 pm, modifié 2 fois.
free your heel and your mind will follow.
Speedster 2.0 Turbo
Un beau jouet pour adultes avertis !!!
Par Daniel Allignol
Le : 29/12/03
Voilà une auto qui ne sert à rien... sinon à se faire plaisir ! Un sacré cadeau pour les amoureux de la conduite qui devront bien vite dénicher de toutes petites routes pour profiter, bien à l'abri des radars, de la remarquable efficacité de leur bolide.
Un moteur un peu plus puissant
Présenté au salon de Genève 1999 et commercialisé deux années plus tard, l'Opel Speedster fit alors sensation par son caractère résolument "pur et dur", en totale opposition avec celui des pragmatiques monospaces Diesel qui assurent depuis quelque temps le gros des ventes de la marque allemande.
La première version du Speesdster (toujours au catalogue) était animée par un quatre cylindres 2.2 l atmosphérique dont les 147 ch étaient déjà largement suffisants pour bien s'amuser à son volant. Oui mais voilà, le petit bolide d'Opel était tellement efficace qu'au terme de sa présentation à la presse spécialisée, c'est avec un ensemble touchant que tous les journalistes présents posèrent la même question à ses concepteurs : à quand un moteur un peu plus puissant ? Le "pourquoi pas" évasif qui nous fut alors donné en guise de réponse est devenu réalité depuis le mois de février 2003.
Un moteur... de monospace !
Pour casser son image de constructeur de solides voitures à rouler, et rappeler en passant un glorieux passé sportif qui se poursuit aujourd'hui dans le cadre du championnat allemand de silhouettes de tourisme (le DTM), Opel a créé l'OPC (Opel Performance Center), une structure qui se charge du développement de voitures à tendance sportive affirmée.
En attendant une encore hypothétique Vectra Diesel OPC de 212 ch présentée il y a un mois à peine au salon du tuning d'Essen, la ligne OPC comprend actuellement l'Astra OPC (coupé ou cabriolet) ainsi que le surprenant Zafira OPC, premier et unique monospace "de sport". Ces deux véhicules abritent la même mécanique sous leur capot, un quatre cylindres 2.0 l turbo de 200 ch. C'est ce moteur qui a été retenu pour animer la seconde mouture du Speedster. Et quand on sait que cette mécanique est capable de transformer un lourd monospace en gentil dragster, on a déjà une petite idée de ce dont elle peut être capable une fois installée dans une voiture sur laquelle tout a été fait pour qu'elle soit la plus légère possible !
La gueule de l'emploi !
A l'heure où la moindre citadine dépasse la tonne, l'Opel Speedster se distingue par son poids contenu : 930 kg. Son secret ? Il partage sa structure avec la Lotus Elise dont les concepteurs, fidèles à la philosophie de Colin Chapman, le défunt créateur de la petite firme anglaise, restent à juste titre persuadés que sportivité se doit de rimer avec légèreté.
Le Speedster fait donc appel à un châssis extrêmement rigide réalisé en profilés d'aluminium extrudés collés, sur lequel viennent s'ancrer des suspensions à double triangulation, une architecture qui a prouvé son efficacité en compétition. Sur le châssis alu est posée une carrosserie ouverte en résine armée de fibre de verre qui, contrairement à celle, toute en courbes, de l'Elise, se distingue par des angles vifs qui la rendent à la fois plus spectaculaire et plus agressive. De plus, comparée à la première version "atmo", le Speedster Turbo en rajoute une petite louche avec une calandre modifiée pour améliorer le refroidissement du radiateur positionné à l'avant, des écopes d'air latérales élargies pour permettre au turbo de respirer à son aise, des grilles d'évacuation d'air chaud agrandies sur le capot moteur ainsi qu'un petit spoiler arrière plus proéminent. Le Speedster Turbo se distingue également par ses magnifiques jantes en alliage léger caractérisées par leurs cinq branches en Y. A l'arrière, on retrouve le spectaculaire double échappement superposé qui, avec ses allures de lance-missiles, donne toute sa saveur à la seule partie de la voiture que les autres automobilistes auront le loisir d'admirer. Car on ne reste jamais bien longtemps bloqué derrière les autres usagers lorsqu'on tient (fermement) le petit volant du Speedster !
La conduite avant tout !
La direction se passe d'assistance, tout comme le freinage d'ailleurs qui bénéficie toutefois de l'ABS. Le siège du passager est fixe et celui du conducteur ne se règle qu'en longueur. La bonne inclinaison de son dossier permet tout de même de trouver une excellente position de conduite face à un minuscule volant à jante cuir qui abrite le seul airbag présent dans l'habitacle. Ce dernier se targue d'être spartiate et ne fait rien pour dissimuler les éléments en aluminium de la voiture. Omniprésent, cet alu qui fleure bon la compétition est également retenu pour les manivelles des vitres, le bouton du démarreur, la boule du levier de vitesse, le frein à main et le pédalier spécialement étudié pour pratiquer l'indispensable "talon-pointe"... à condition de ne pas être chaussé d'après-skis.
Equipement : circulez, y'a rien à voir !
Dépouillé au maximum, le Speedster consent néanmoins quelques efforts pour se montrer pratique en offrant un porte-gobelets, des poches pour les cartes et – nouveauté sur la version Turbo – deux logements pour un téléphone portable, des pièces de monnaie ou d'autres (petits) objets. Quant au coffre, positionné derrière le moteur... et au dessus de l'échappement, il offre une capacité de 206 dm3 à des bagages qui ne craignent pas la chaleur.
Equipé d'origine d'une petite capote facilement amovible, l'Opel Speedster peut recevoir en option un hard Top couleur carrosserie. Les autres options proposées offrent le choix entre trois autoradios (dont un avec système de navigation intégré), un chargeur 5 CD, la peinture métallisée et des disques de frein perforés. Disponibles en option sur la version "de base" 2.0 Turbo, la sellerie cuir et le repose-pieds passager en aluminium sont offerts de série sur la version 2.0 Turbo Pack qui bénéficie également d'une radio CD 4x45W.
Ca pousse fort, très fort...
Grâce à son turbo, le 2.0 litres délivre son couple maximum de 250 Nm dès 1.950 tr/min et jusqu'à 5.500 tr/min. De quoi obtenir des accélérations impressionnantes, que l'on joue de la boîte de vitesses parfaitement étagée où que l'on se contente d'écraser l'accélérateur en restant sur le dernier rapport. Et dans ce cas de figure, l'accélération semble réellement ne jamais vouloir prendre fin. Histoire de renforcer un peu plus encore l'esprit sportif de son roadster, Opel a soigneusement travaillé la sonorité de l'échappement tandis que le turbo vous rappelle sa présence par son sifflement typique. Cela étant, on ne peut profiter bien longtemps de ces "vocalises" car les bruits d'air se chargent de les couvrir sitôt passés les 140 km/h. Mais puisque c'est désormais interdit de rouler à aussi vive allure...
Alors, vite, vite (facile !) une petite route bien tortueuse.
Avec ses roues avant beaucoup moins larges que ses roues arrière et son essieu arrière dépourvu de barre antiroulis afin de favoriser la motricité, le Speedster 2.0 Turbo est d'un comportement naturellement sous-vireur, tout comme la version atmosphérique. Oui, mais ici il y a un turbo et il suffit de se servir de son souffle pour inverser la tendance. Il convient donc d'aborder les virages "sur les freins" jusqu'au point de corde pour donner un maximum de pouvoir directeur à l'avant, puis d'accélérer franchement, mais avec discernement, pour faire gentiment pivoter l'arrière.
De la nécessité de savoir piloter...
Attention, facilement réalisable sur le sec puisqu'il suffit de soulager l'accélérateur pour que tout rentre dans l'ordre si la dérive prend trop d'ampleur, l'exercice peut s'avérer particulièrement délicat sur le mouillé. Et il n'y a pas ici d'ESP pour rattraper les erreurs de pilotage. Vous voilà prévenus ! Comme toute vraie voiture de sport, l'Opel Speedster réclame un minimum de compétences de la part de son pilote, de clairvoyance et de retenue aussi. C'est à ces conditions que vous apprécierez (longtemps) un comportement routier magnifié par une direction hyper précise et une totale absence de roulis. Bref, un vrai kart !
Daniel Allignol
Un beau jouet pour adultes avertis !!!
Par Daniel Allignol
Le : 29/12/03
Voilà une auto qui ne sert à rien... sinon à se faire plaisir ! Un sacré cadeau pour les amoureux de la conduite qui devront bien vite dénicher de toutes petites routes pour profiter, bien à l'abri des radars, de la remarquable efficacité de leur bolide.
Un moteur un peu plus puissant
Présenté au salon de Genève 1999 et commercialisé deux années plus tard, l'Opel Speedster fit alors sensation par son caractère résolument "pur et dur", en totale opposition avec celui des pragmatiques monospaces Diesel qui assurent depuis quelque temps le gros des ventes de la marque allemande.
La première version du Speesdster (toujours au catalogue) était animée par un quatre cylindres 2.2 l atmosphérique dont les 147 ch étaient déjà largement suffisants pour bien s'amuser à son volant. Oui mais voilà, le petit bolide d'Opel était tellement efficace qu'au terme de sa présentation à la presse spécialisée, c'est avec un ensemble touchant que tous les journalistes présents posèrent la même question à ses concepteurs : à quand un moteur un peu plus puissant ? Le "pourquoi pas" évasif qui nous fut alors donné en guise de réponse est devenu réalité depuis le mois de février 2003.
Un moteur... de monospace !
Pour casser son image de constructeur de solides voitures à rouler, et rappeler en passant un glorieux passé sportif qui se poursuit aujourd'hui dans le cadre du championnat allemand de silhouettes de tourisme (le DTM), Opel a créé l'OPC (Opel Performance Center), une structure qui se charge du développement de voitures à tendance sportive affirmée.
En attendant une encore hypothétique Vectra Diesel OPC de 212 ch présentée il y a un mois à peine au salon du tuning d'Essen, la ligne OPC comprend actuellement l'Astra OPC (coupé ou cabriolet) ainsi que le surprenant Zafira OPC, premier et unique monospace "de sport". Ces deux véhicules abritent la même mécanique sous leur capot, un quatre cylindres 2.0 l turbo de 200 ch. C'est ce moteur qui a été retenu pour animer la seconde mouture du Speedster. Et quand on sait que cette mécanique est capable de transformer un lourd monospace en gentil dragster, on a déjà une petite idée de ce dont elle peut être capable une fois installée dans une voiture sur laquelle tout a été fait pour qu'elle soit la plus légère possible !
La gueule de l'emploi !
A l'heure où la moindre citadine dépasse la tonne, l'Opel Speedster se distingue par son poids contenu : 930 kg. Son secret ? Il partage sa structure avec la Lotus Elise dont les concepteurs, fidèles à la philosophie de Colin Chapman, le défunt créateur de la petite firme anglaise, restent à juste titre persuadés que sportivité se doit de rimer avec légèreté.
Le Speedster fait donc appel à un châssis extrêmement rigide réalisé en profilés d'aluminium extrudés collés, sur lequel viennent s'ancrer des suspensions à double triangulation, une architecture qui a prouvé son efficacité en compétition. Sur le châssis alu est posée une carrosserie ouverte en résine armée de fibre de verre qui, contrairement à celle, toute en courbes, de l'Elise, se distingue par des angles vifs qui la rendent à la fois plus spectaculaire et plus agressive. De plus, comparée à la première version "atmo", le Speedster Turbo en rajoute une petite louche avec une calandre modifiée pour améliorer le refroidissement du radiateur positionné à l'avant, des écopes d'air latérales élargies pour permettre au turbo de respirer à son aise, des grilles d'évacuation d'air chaud agrandies sur le capot moteur ainsi qu'un petit spoiler arrière plus proéminent. Le Speedster Turbo se distingue également par ses magnifiques jantes en alliage léger caractérisées par leurs cinq branches en Y. A l'arrière, on retrouve le spectaculaire double échappement superposé qui, avec ses allures de lance-missiles, donne toute sa saveur à la seule partie de la voiture que les autres automobilistes auront le loisir d'admirer. Car on ne reste jamais bien longtemps bloqué derrière les autres usagers lorsqu'on tient (fermement) le petit volant du Speedster !
La conduite avant tout !
La direction se passe d'assistance, tout comme le freinage d'ailleurs qui bénéficie toutefois de l'ABS. Le siège du passager est fixe et celui du conducteur ne se règle qu'en longueur. La bonne inclinaison de son dossier permet tout de même de trouver une excellente position de conduite face à un minuscule volant à jante cuir qui abrite le seul airbag présent dans l'habitacle. Ce dernier se targue d'être spartiate et ne fait rien pour dissimuler les éléments en aluminium de la voiture. Omniprésent, cet alu qui fleure bon la compétition est également retenu pour les manivelles des vitres, le bouton du démarreur, la boule du levier de vitesse, le frein à main et le pédalier spécialement étudié pour pratiquer l'indispensable "talon-pointe"... à condition de ne pas être chaussé d'après-skis.
Equipement : circulez, y'a rien à voir !
Dépouillé au maximum, le Speedster consent néanmoins quelques efforts pour se montrer pratique en offrant un porte-gobelets, des poches pour les cartes et – nouveauté sur la version Turbo – deux logements pour un téléphone portable, des pièces de monnaie ou d'autres (petits) objets. Quant au coffre, positionné derrière le moteur... et au dessus de l'échappement, il offre une capacité de 206 dm3 à des bagages qui ne craignent pas la chaleur.
Equipé d'origine d'une petite capote facilement amovible, l'Opel Speedster peut recevoir en option un hard Top couleur carrosserie. Les autres options proposées offrent le choix entre trois autoradios (dont un avec système de navigation intégré), un chargeur 5 CD, la peinture métallisée et des disques de frein perforés. Disponibles en option sur la version "de base" 2.0 Turbo, la sellerie cuir et le repose-pieds passager en aluminium sont offerts de série sur la version 2.0 Turbo Pack qui bénéficie également d'une radio CD 4x45W.
Ca pousse fort, très fort...
Grâce à son turbo, le 2.0 litres délivre son couple maximum de 250 Nm dès 1.950 tr/min et jusqu'à 5.500 tr/min. De quoi obtenir des accélérations impressionnantes, que l'on joue de la boîte de vitesses parfaitement étagée où que l'on se contente d'écraser l'accélérateur en restant sur le dernier rapport. Et dans ce cas de figure, l'accélération semble réellement ne jamais vouloir prendre fin. Histoire de renforcer un peu plus encore l'esprit sportif de son roadster, Opel a soigneusement travaillé la sonorité de l'échappement tandis que le turbo vous rappelle sa présence par son sifflement typique. Cela étant, on ne peut profiter bien longtemps de ces "vocalises" car les bruits d'air se chargent de les couvrir sitôt passés les 140 km/h. Mais puisque c'est désormais interdit de rouler à aussi vive allure...
Alors, vite, vite (facile !) une petite route bien tortueuse.
Avec ses roues avant beaucoup moins larges que ses roues arrière et son essieu arrière dépourvu de barre antiroulis afin de favoriser la motricité, le Speedster 2.0 Turbo est d'un comportement naturellement sous-vireur, tout comme la version atmosphérique. Oui, mais ici il y a un turbo et il suffit de se servir de son souffle pour inverser la tendance. Il convient donc d'aborder les virages "sur les freins" jusqu'au point de corde pour donner un maximum de pouvoir directeur à l'avant, puis d'accélérer franchement, mais avec discernement, pour faire gentiment pivoter l'arrière.
De la nécessité de savoir piloter...
Attention, facilement réalisable sur le sec puisqu'il suffit de soulager l'accélérateur pour que tout rentre dans l'ordre si la dérive prend trop d'ampleur, l'exercice peut s'avérer particulièrement délicat sur le mouillé. Et il n'y a pas ici d'ESP pour rattraper les erreurs de pilotage. Vous voilà prévenus ! Comme toute vraie voiture de sport, l'Opel Speedster réclame un minimum de compétences de la part de son pilote, de clairvoyance et de retenue aussi. C'est à ces conditions que vous apprécierez (longtemps) un comportement routier magnifié par une direction hyper précise et une totale absence de roulis. Bref, un vrai kart !
Daniel Allignol
free your heel and your mind will follow.